12M de vulnérabilités : challenge les réduire
Retour terrain : comment j’ai abordé 25 millions de vulnérabilités sans perdre tout le monde en route.
** Disclaimer : Histoire un peu modifiée, inspirée de faits réels, vocation à partager l’expérience et la méthode appliquée **
Il me dit, Téodor, les tableaux Excel, c’est mignon, mais il faut que l’on avance sur réduire les failles, l’outil nous rapporte 12 millions de vulnérabilités, j’ai aucune idée de comment on va gérer ça.
Contexte
Au centre, une équipe cyber transverse d’environ 450 personnes. Elle ne remplace pas les équipes locales, elle les relie. Une organisation en réseau, avec des relais dans chaque région, des expertises partagées, et des projets menés à plusieurs fuseaux horaires. L’objectif est simple sur le papier : donner une direction commune sans se perdre dans les détails de chaque pays.
Le niveau d’expertise varie énormément selon les régions. Certains pays ont une culture cyber mature, des équipes bien formées et des processus établis. D’autres en sont encore au début du chemin, souvent avec des ressources limitées. Ce décalage crée des différences de rythme, d’attentes, parfois d’interprétation. Et c’est là que tout se joue : dans la capacité à avancer ensemble, malgré les écarts.
Adresser les 12 millions de vulnérabilités :
Très vite, le chiffre a été remis en question. Le Comex n’y a pas cru, jugeant le volume irréaliste. Le reste de la DSI a pris ça avec humour. C’était devenu un running gag : “12 millions ? Ah bon, seulement ?”. Le problème, c’est qu’à force d’être contesté, le chiffre a perdu toute valeur opérationnelle. Il n’était plus un indicateur, juste une donnée de plus dans un tableau trop chargé.
Et derrière, rien n’existait pour transformer cette masse en actions. Aucun dispositif de priorisation, aucune méthode de remédiation structurée. Les équipes locales corrigeaient ce qu’elles pouvaient, selon leurs urgences du moment. Chacun faisait comme il pouvait, sans coordination, sans pilotage global. Politiquement, le sujet était devenu trop lourd. Il fallait d’abord le rendre crédible avant d’espérer le traiter.
Réduire concrètement le nombre des vulnérabilités
Pour aller plus loin, on s’est appuyés sur une méthode que certains instituts américains recommandent : ramener la donnée au métier. Découper par activité avant de découper par pays. C’est plus parlant, plus proche des responsabilités opérationnelles. En procédant ainsi, chaque activité s’est retrouvée avec quelques milliers, parfois quelques dizaines de milliers de vulnérabilités à traiter. Puis, en croisant avec la géographie, on redescendait à des volumes enfin humains : des milliers de vulnérabilités critiques, clairement identifiées, sur des périmètres précis. À ce stade, le discours change : on n’est plus dans l’abstrait, mais dans le concret.
Ensuite, il a fallu accompagner les équipes locales. On a misé sur la transmission plutôt que sur la supervision. Les formations étaient pragmatiques, orientées sur la façon de gérer ce backlog gigantesque. On partageait comment nous, au central, on abordait la priorisation, la communication, la coordination. Pas de grandes théories, juste des retours d’expérience. La partie technique, elle, était souvent déjà maîtrisée localement. Ce dont les équipes avaient besoin, c’était surtout de soutien pour structurer leur approche, savoir par où commencer, et sentir qu’elles n’étaient pas seules. On a ouvert un canal Teams opérationnel pour partager les difficultés en direct, et organisé des webinars réguliers depuis l’équipe centrale. Petit à petit, une dynamique commune s’est installée.
Pour donner de la visibilité, on a créé un dashboard. Rien de sophistiqué. Un tableau Excel par pays, avec les indicateurs essentiels, puis une consolidation Power BI en central. Le but, c’était la clarté, pas la perfection. Chaque donnée devait servir une action. Et pour maintenir la motivation, on a introduit une forme légère de gamification : suivre la baisse du nombre de vulnérabilités critiques et mettre en avant les pays qui progressaient le plus vite. Ce n’était pas une compétition, mais une façon de rendre visible l’effort collectif. Voir la courbe descendre, semaine après semaine, c’était concret. Et ça, dans un groupe de cette taille, c’est déjà une victoire.
Recommandations
Accompagner les équipes locales en montée en compétence : Dans les grands groupes, il manque forcément des compétences quelque part. Ce n’est pas un problème, c’est une donnée de départ. L’approche gagnante, c’est l’appui, pas la pression uniquement. Créer un lien de confiance, partager des pratiques, simplifier les décisions. L’objectif n’est pas de contrôler, mais de soutenir. Montrer qu’on est là pour aider à structurer, à prioriser, à progresser ensemble. Quand les équipes se sentent soutenues, elles avancent. Et souvent plus vite qu’avec n’importe quel tableau de suivi.
Mettre en place un pilotage progressif, visuel et motivant :Le pilotage ne doit pas être une usine à chiffres, mais un moteur de motivation. L’idée, c’est de suivre la réduction, pas la quantité. Montrer que les vulnérabilités critiques diminuent, que les efforts paient. Rendre les progrès visibles, accessibles, encourageants. Trop de mauvais chiffres découragent, trop de complexité paralyse. Un bon pilotage doit garder tout le monde engagé autour du même objectif : faire reculer les vulnérabilités, pas simplement les compter.
